Nous ne sommes toujours pas sortis de la pandémie. Et personne ne sait combien de variants vont nous tomber sur la tête.
Les maisons de mode ont dû s’adapter ces 2 dernières années comme toutes les autres entreprises et elles ont fait preuve d’une résilience remarquable. Cependant notre industrie doit faire également face à des changements structurels majeurs qui impactent les business models :
- Les nouvelles contraintes réglementaires liées à la loi AGEC
- Interdiction de détruire les invendus à compter du 1/1/22
- Obligation à venir de l’affichage environnemental des produits textiles
- Les attentes d’une autre consommation porteuse de sens
- Pourquoi acheter alors que l’armoire est déjà pleine ?
- Les achats textile ne font plus partis des priorités du budget des ménages
- Les indicateurs « traditionnels » de performance en berne
- Érosion du retail de masse avec la baisse continue de la fréquentation
- Forte croissance des ventes en ligne mais non rentable
- Part de plus en plus importante des ventes en démarque
- Les nouveaux entrants disruptifs avec l’explosion de la seconde main ou de la location
- Le prix des matières premières et la raréfaction des matières à faible impact et socialement responsables
A n’en pas douter, 2022 va accélérer les mutations et sans doute accentuer le fossé entre les gagnants et les perdants. Il existe évidemment plusieurs voies pour réussir. Face aux nouveaux acteurs, face à la révolution numérique, il va falloir faire les bons choix, définir une vision claire de sa marque. Mais aussi et surtout réussir à mettre toutes les équipes et les partenaires en mouvement, alignés vers cette vision.
Comme toujours, l’exécution opérationnelle est la condition clé pour relever ces défis. A l’heure du télétravail forcé, manager une entreprise n’est pas une simple affaire… La marque employeur est devenu en enjeu majeur pour intégrer (et garder) non seulement les bonnes compétences mais aussi les bons savoir-être. Soigner son image auprès des collaborateurs devient tout aussi importante sur le long terme que de soigner son image aux yeux de ses clients. Mais, à l’heure où les aspirations profondes des collaborateurs (comme des clients) changent, la qualité du management et sa capacité à se remettre en cause va être déterminante pour la suite.
Pour renforcer son attractivité auprès de ses équipes et de ses clients, la raison d’être est alors fondamentale. Il ne s’agit pas de crier haut et fort une nouvelle base line sortie du chapeau mais plutôt de s’appuyer sur ce qui fait l’ADN de sa marque pour définir ce qu’elle va devenir sur les 10 prochaines années. Les valeurs d’une entreprise ne peuvent se décréter si personne (en particulier le management) ne les portent. Donc attention à la sortie de route. Les belles promesses non tenues finissent douloureusement en général. Le temps de la réflexion est nécessaire.
Une marque ne doit pas nécessairement être militante écolo mais elle doit réduire drastiquement son empreinte sur la planète. Une marque ne doit pas forcément tout dire et prendre la parole sur des sujets sociétaux mais elle doit faire preuve de transparence et pour cela, elle doit savoir par qui et comment sont fabriqués ses collections. Bien évidemment, à partir du moment où on est prêt à savoir se passe sur la chaine de production, cela suppose que l’on est prêt à prendre des décisions parfois difficiles. La recherche absolue du meilleur prix d’achat ne peut plus être la priorité #1.
Alors, dans ces conditions, comment réussir à associer rentabilité (indispensable) sur le long terme, potentielles contraintes financières à court terme et mutation indispensable vers un business model plus vertueux capable de séduire ses clients… et ses salariés ?
Voici quelques pistes de reflexion et de bon sens que nous vous proposons de partager :
- Une autre façon de séduire et de servir ses clients tu proposeras
- Agile et frugale tu deviendras
- « Moins mais mieux » tu fabriqueras
Très belle année à tous



